The Dreamer - Becoming Karen Blixen

Mini-Série en 6 épisodes
réalisée par Jeanette Nordahl sur un scénario de Dunja Gry Jensen (Danemark 2022)

Au début des années 1930, Karen Blixen, anéantie par des épreuves, revient au Danemark après dix-sept ans passés au Kenya, et retrouve goût à la vie grâce à la littérature.  Superbe reconstitution emmenée par un casting impeccable, avec Connie Nielsen dans le rôle de Karen Blixen, qui raconte l'éclosion d’une immense écrivaine, autrice du best-seller "La ferme africaine" ("Out of Africa" en version anglaise).

Présentation d'ARTE
Comment Karen Blixen est-elle devenue l’une des plus grandes écrivaines du XXe siècle ? Cette classieuse reconstitution, aux décors et costumes soignés, raconte la renaissance d’une âme brisée grâce au pouvoir réparateur de l’écriture. Dans sa quête farouche d’indépendance, l’ancienne expatriée, malheureuse dans le milieu corseté de la bourgeoisie scandinave, pourra compter sur sa force de caractère et sa foi en la littérature pour triompher des obstacles, jusqu’à la parution de son chef-d'œuvre, La ferme africaine (Out of Africa).


Cette reconstitution biographique couvre la période entre le temps où Karen Blixen quitte l'Afrique en 1931 et celui où elle publie son chef-d'oeuvre "Out of Africa" en 1937, qui a été porté à l'écran par Sydney Pollack en 1985, avec Meryl Streep et Robert Redford. Grâce aux retours en arrière, on comprend toutes les difficultés qu'elle a rencontré dans la gestion de sa ferme et de son exploitation de café. La mauvaise gestion de son mari, les années de guerre, les années de sécheresse ... Les appuis de sa famille danoise, très aisée, lui ont permis de tenir le plus longtemps possible, mais la mort accidentelle de son amant en mai 1931, et puis aussi les terribles maux dont elle souffrait l'ont finalement plongée dans une grande déprime, qui l'ont fait renoncer et rentrer au Danemark en juillet 1931.

Malgré toutes les épreuves, elle gardera une adoration pour l'Afrique où elle a passé 17 ans de sa vie. Elle écrit " Un vaste univers de poésie s'est ouvert à moi et m'a laissée pénétrer en lui ici, et je lui ai donné mon cœur. J'ai plongé mon regard dans celui des lions et j'ai dormi sous la Croix du Sud, j'ai vu les grandes plaines être la proie des flammes, et alors qu'y poussait une herbe verte et tendre après la pluie, j'ai été l'amie de Somalis, de Kikuyus et de Massaï, et j'ai survolé les Ngong Hills : « j'ai cueilli la plus belle rose de la vie » ". 

Les terribles douleurs dues à son état de santé transparaissent dans cette reconstitution. En 1914, elle se marie avec le conte Blixen, un cousin au second degré, qui va gérer piètrement l'exploitation qu'ils fondent au Kenya grâce aux apports financiers de la famille de Karen. La famille finira d'ailleurs par l'écarter de la gestion, au profit de Karen, et ils divorceront en 1925. Il a de multiples liaisons, acceptées d'ailleurs par Karen. Mais de ces liaisons, il contracte la syphilis et sans surprise, il la contamine. Elle est soignée par des sels de mercure, qui la guérissent de la maladie. Mais elle est fortement contaminée par le mercure. Elle est prise de violentes douleurs au dos, qu'on attribue à un tabès, une atteinte neurologique de la moëlle épinière due à la syphilis, alors même qu'on ne détecte plus la présence de tréponèmes. Elle est de plus en plus sujette à des crampes intestinales, et elle soigne tout cela avec de l'arsenic, qui à long terme, ne font qu'accroître ses douleurs. Elle continuera à prendre quotidiennement de l'arsenic tout au long de sa vie, contre les avis médicaux. Cela la détruira progressivement. Dans les dix dernières années de sa vie, elle ne pèsera plus que 35 kg, et elle s'éteindra en 1962, à l'âge de 77 ans. Mais contrairement à ce qu'elle a toujours cru, ce n'est ni la syphilis, ni la malaria qui l'ont détruite, mais l'intoxication aux métaux lourds.

 

Karen Blixen