
Pour avoir été baptisé à l’insu de ses parents, un petit garçon est arraché par l’Église catholique à sa famille juive. S’emparant d’une histoire vraie qui secoua l’Italie du XIXe siècle, Marco Bellocchio dénonce dans un drame bouleversant la violence de l’arbitraire religieux.
1852. Alors que s’allument les premiers feux de l’unification italienne, Bologne appartient encore aux États pontificaux – le pouvoir temporel y est exercé par l’Église, sous la souveraineté du pape Pie IX. Dans une maison du quartier juif de la ville, le petit Edgardo, l’un des huit enfants de la famille Mortara, est baptisé dans son berceau, en secret, par sa jeune nourrice catholique qui le croit à l’article de la mort. Apprenant les faits six ans plus tard, le tribunal du Saint-Office ordonne, par la voix du père inquisiteur monseigneur Feletti, d’enlever l’enfant à sa famille : désormais catholique, Edgardo a vocation à être élevé dans le giron de l’Église. Il est envoyé à Rome dans le collège de catéchumènes attaché au Saint-Siège, où il est patiemment converti sous l’œil de Pie IX lui-même, sans que ses parents ni la communauté juive ne parviennent à s’y opposer. Alors que l’affaire s’ébruite, soulevant l’indignation au-delà des frontières italiennes, et que la communauté catholique se déchire, le pape, intransigeant et voyant son pouvoir s’effriter, s’arc-boute sur les principes du droit canonique. Pendant ce temps, le garçon, bon élève, oublie peu à peu ses racines hébraïques…
(ARTE)

