Esterno notte

série de Marco Bellochio en 6 épisodes sur l'assassinat d'Aldo Moro (2022)

À Rome, le 16 mars 1978, l’homme politique Aldo Moro est enlevé par les Brigades Rouges. À cette époque, le PCI (parti communiste italien) était le plus important parti communiste d'Europe occidentale. Aux dernières élections, ils avaient engrangé 34% des voix. De l'avis d'Aldo Moro, président de la Démocratie Chrétienne (DC), il était impossible d'assurer la stabilité en Italie, minée par les attentats d'extrême-droite comme d'extrême-gauche, en ces années de plomb, sans conclure une alliance avec le PCI. Moro et Enrico Berlinguer, dirigeant du PCI, venaient de conclure un compromis historique : le PCI, sans toutefois encore se voir attribuer de portefeuille ministériel, allait soutenir le nouveau gouvernement Andreotti, de la DC, lors du vote de confiance de ce nouveau gouvernement qui serait donc acquis avec l'aval des communistes. Aldo Moro se rendait précisément à la Chambre pour assister au vote de confiance, lorsqu'il fut brutalement enlevé.  En état de choc, le gouvernement italien va devoir négocier avec le groupe terroriste. Les choses ne s'engagent cependant pas bien, car la Démocratie Chrétienne compte dans ses rangs de nombreux conservateurs, dont Andreotti lui-même, qui étaient hostiles à cette alliance avec le PCI.

Commentaire d'ARTE : 
Toute la lumière n’a pas encore été faite sur l’enlèvement d’Aldo Moro, qui s’est révélé comme un tournant majeur de l’histoire de l’Italie du XXe siècle. Après son film Buongiorno, notte (2003), qui adoptait le regard d’une activiste des Brigades rouges, Marco Bellocchio porte l’affaire à l’écran pour la seconde fois, approfondissant son approche à travers cette série qui se pose comme une "interprétation artistique" des faits. Le récit multiplie les points de vue pour analyser l’enchaînement des causes et des effets qui a conduit à une mort absurde, signant autant l’échec du gouvernement que celui de l’action terroriste. Au fil des épisodes, le clan politique d’Aldo Moro, sa famille, le pape, un couple de révolutionnaires et Moro lui-même se retrouvent ainsi pris au piège d’un engrenage qui les dépasse. Bellocchio filme cette histoire comme une tragédie, doublée d’un récit d’espionnage où chaque personnage apparaît dans sa profondeur – y compris les plus grotesques, comme le ministre de l’Intérieur, Francesco Cossiga, qui manque de basculer dans la folie. Une œuvre sombre et captivante servie par un casting de choix, en tête duquel on retrouve Fabrizio Gifuni (La meglio gioventù), Toni Servillo (Il Divo, La grande bellezza) et Margherita Buy (Mia madre).

La série est suivie d'un documentaire sur « Les derniers jours d'Aldo Moro » réalisé en 2006 par Emmanuel Amara

 

 

 

Esterno notte