Opéra Garnier
L'opéra Garnier ou palais Garnier a fêté ses 150 ans en 2025. Pendant toute l'année 2025 et jusqu'en février 2026, spectacles, festivités, expositions se sont succédés pour commémorer l'événement.
Voulu par l'empereur Napoléon III, il a été inauguré sous la IIIe République, le 5 janvier 1875. Comme nous l'avons vu dans un article précédent, il est la treizième salle d'opéra de Paris, et l'avant dernière avant l'inauguration, en 1989, dans le cadre des fêtes du bicentenaire de la Révoliution, de l'opéra Bastille. Aujourd'hui, les deux théâtres sont regroupés au sein de la même institution publique, appelée Opéra de Paris. L'opéra Garnier constitue à coup sûr le joyau du Paris radicalement transformé sous Napoléon III sous la direction du préfet de Paris, Georges-Eugène Hausmann. Il a été localisé dans ce qui fut à l'époque le Paris nouveau, le quartier des affaires, des grands magasins et des joailliers, s'étendant vers l'ouest. Il aura pourtant fallu des circonstances très particulières, en réalité deux désastres pour que ce nouvel opéra voit le jour : d'une part l'attentat de Felice Orsini dirigé contre l'Empereur devant l'Opéra de l'époque, situé rue Le Peletier, en 1858, qui fit huit morts et 156 blessés, mais dont Napoléon III et son épouse Eugénie sortirent indemnes, a incité l'Emepereur à vouloir la construction d'un opéra plus sécurisé, et d'autre part, après la défaite de 1870 face à la Prusse, alors que les travaux sont arrêtés pendant trois ans, l'incendie soudain, et fort heureusement de nuit, de l'Opéra de la rue Le Peletier, pour que la IIIe République décide de terminer l'Opéra du Second Empire, seule solution pour que Paris puisse rapidement se pourvoir d'une nouvelle salle d'opéra.
Après l'attentat d'Orsini, un concours est donc très vite organisé, avec des instructions précises, dont la principale est la sécurité de l'Empereur. De nombreux architectes soumettent leurs projets, mais de façon strictement anonyme. Et contre toute attente, tous les architectes de renom sont progressivement éliminés, dont certains dès le premier tour, tel qu'Eugène Viollet-le-Duc.
Le gagnant du concours est un jeune architecte d'à peine 35 ans et quasi inconnu. Il n'a encore presque rien réalisé, mais il a quand même obtenu le Prix de Rome, ce qui lui vaut un séjour de pratiquement cinq ans à l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, d'où il peut parfaire sa connaissance de l'art et de l'architecture de l'Antiquité, mais aussi de la Renaissance. Il s'y lie également avec tout un groupe de compatriotes excellant dans des arts divers, architecture comme lui, mais aussi peinture et sculpture. Ces cinq années passées à Rome auront une influence importante sur la suite de la carrière de Charles Garnier.
La suite, nous allons la découvrir dans le documentaire ci-dessous. J'y ai ajouté les titres des oeuvres musicales entendues en fond des commentaires, la plupart du temps des musiques d'ouvertures d'opéras. Les oeuvres graphiques illustrant les propos sont également numérotées, et sont détaillées dans un document pdf en lien sous le documentaire. Si vous préférez ne pas être dérangés par ces informations, vous pouvez désactiver l'une d'entre elles ou les deux en modifiant le choix des sous-titres.
Un Opéra pour un Empire
Film de Patrick Cabouat - France (2020)

Les oeuvres graphiques illustrant le film
Les photos de Louis Émile Durandelle du chantier de l'Opéra
La signature de Charles Garnier sur le plafond de la rotonde des abonnés
Andrew Lloyds Webber's Musical "Phantom of the Opera" - 25 years - Royal Albert Hall, 2 October 2011
Voir aussi